Les Docks
Quai Rambaud, Lyon (69)
Programme : Bâtiment flottant
Surface : 350 m²
Montant des travaux : 1 000 000 €HT
Maître d'ouvrage : Voies Navigables de France
A l’opposé de l’objet de design, le projet développé ici consiste à organiser une construction très simple, mécanique et industrialisée et la détourner de son usage premier pour lui donner une autre image, un autre sens et une nouvelle fonction. La construction se fait en 4 étapes successives :
1. Un assemblage de 2 « barges » formées de modules de 8 pieds (BatiFlo) intégrant 2 microstations pour le traitement des eaux usées. Ces flotteurs sont ferraillés entre eux, couverts d’une dalle en béton et maintenus par 2 duc d’albe. Cette « plate » se situe à 5 mètres de l’estacade, reliée par 2 passerelles et un monte-charge.
2. 23 containers isothermes de 8 pieds sont fixés sur la dalle béton, séparés les uns des autres par un vitrage permettant l’éclairage naturel des volumes intérieurs. Ces containers sont ouverts sur 1 ou 2 côtés (5 m d’ouverture environ), permettant une modularité complète des espaces intérieurs. 350 m² utiles sont alors disponibles. La disposition biaise des containers en inox a pour but de capter la lumière différemment suivant l’orientation des facettes et de rendre ainsi précieux cet objet mécanique. La position de la construction sous le pont roulant existant n’est ici pas neutre. Le prix de 1300 €/m² permet de réaliser confortablement cet ouvrage ; il semble cependant nécessaire de proposer son évolution.
3. Des poutres en bois lamellé-collé sont fixées au-dessus des containers de manière à recevoir un platelage bois. Ainsi une terrasse de 550 m² est disponible pour les occupants des locaux situés au-dessous, ou de manière indépendante pour accueillir des marchés flottants par exemple. Cette terrasse bois, ponctuée de petits luminaires encastrés au sol, est bordée par un « saut de loup » pour éviter les garde-corps.
4. Une structure démontable formée de tubes filetés, type meuble USM, permet de fixer des toiles inox « cote de maille » et de maîtriser ainsi la protection solaire pour éviter les parasols ou autres artifices. Les luminaires encastrés dans le platelage bois de la terrasse sont disposés exactement au centre des toiles tendues pour un éclairage indirect nocturne.
Le travail de Maurizio Nanucci transcrit cet objet mécanique et industriel, crypte et décrypte le sens et l’histoire de ce lieu. La construction devient ici objet géographique et cartographique, s’ancre dans l’eau par le reflet et la lumière et s’ancre dans la ville en indiquant sa position.
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1. Floteurs
2. Conteneurs inox isolé
3. Terrasse bois
4. Toiture démontable inox